Les Plagiats de la BD (3 de 3)

Au printemps de 1999, le second numéro de Les Plagiats de la BD parait. Celui-ci est consacré à la BD européenne.

Et cette fois, depuis la parution du numéro 1, j’ai reçu de vraies questions, auquel je réponds dans la BD qui me sert d’éditorial.






Sorti environs huit mois avant la mort de Greg, l’auteur d’Achille Talon, cette publication surprend tout le monde par le nombre incroyable de plagiats qu’il a commis tout le long de sa très prolifique carrière, en s’inspirant de toutes sortes de séries américaines.  Par exemple:

Version Achille Talon:

Version Broom Hilda, par Russel Myers.

Version Achille Talon

Version Hagar, par Dik Browne.

Version Achille Talon

Version Hagar

Version Achille Talon

Version B.C. par Johnny Hart.

Sans oublier l’exemple que j’ai mis en couverture:














D’où cette image que je me suis amusé à faire dans lequel Mickey et Achille s’engueulent avec un accent québécois.

Si le public se montre très surpris de mes découverte, ce n’est rien à côté de la surprise que je ressens moi-même de voir qu’apparemment personne d’autre ne semble s’en être rendu compte.  Et comme si ça ne suffisait pas, j’allais en trouver d’autres encore plus flagrants avec les années:

Achille talon emprunte à Bringing Up father.
Achille talon emprunte deux fois à Donald Duck.
Achille talon emprunte aux légendes urbaines américaines.
Achille talon emprunte deux fois à Popeye.
Achille talon emprunte une 3e fois à Popeye.

Vers la fin de l’été 1999, je sors le 3e numéro, celui-là consacré à la BD américaine.

Il y en aura ensuite un 4e de prévu au sujet des mangas, mais il restera inachevé, le nombre d’exemple de plagiats japonais que j’ai trouvé étant au nombre de trois, c’était trop peu pour y consacrer une publication.

Dans les années qui suivirent, j’ai continué de ramasser par habitude tous les exemples de plagiats que je trouvais par hasard.  Beaucoup de personnes, dont Michel Viau et Marc Cuadrado, après avoir lu mes publications, m’ont donné leurs propres trouvailles.  L’arrivée d’internet m’a également permis d’en trouver d’autres au niveau international.  Salvador Dallaire m’a offert de continuer ma série sous forme d’une chronique, reprenant le nom Les Plagiats de la BD, dans les pages de Zine Zag afin d’y publier mes nouvelles trouvailles, ce que j’ai accepté.  Cette chronique y vivra jusqu’en 2003, soit un an avant la mort du magazine.  Je ferai plus tard, en 2006, un blog bilingue nommé Encycloplagiat, que je laisserai en ligne avant de le détruire en 2008.

Avec le temps, je me suis rendu compte qu’un tel exercice pouvait comporter autant de bons côtés que des mauvais.  Parmi les bons, il y a le fait que c’est le genre de chose qui amuse beaucoup les lecteurs de BD, qui attire son intérêt.  Cette chronique a en effet été très populaire, autant dans les pages de Bédélirium que dans mes fanzines que dans Zine Zag.  Hélas, la version internet qu’était l’Encycloplagiat a complètement changé la donne.  Ici, des auteurs que je prenais en flagrant délit de plagiat avaient accès à mon blog, et disons qu’ils n’étaient pas content-contents de me voir étaler leurs travers.  Leurs collaborateurs non plus.  leurs fans encore moins.  Ceci a coïncidé avec le malaise moral de plus en plus grand qui me minait.  C’est que d’un côté, j’aime animer une chronique populaire comme Les Plagiats de la BD.  Si je ne l’écrivais pas, c’est quelque chose que je lirais assidument.  Je planifiais même écrire un bouquin, d’où le titre Encycloplagiat car je considère qu’il n’est que justice d’étaler les plagiats d’artistes manquant d’intégrité.  Mais de l’autre côté, je suis un très grand fan de Greg.  Par conséquent, étaler ainsi ses plagiats me pose un problème de conscience.  Mais Greg étant populaire et très connu, je ne peux pas non plus passer à côté de l’opportunité de m’attirer un grand public, en passant ses emprunts sous silence.  Rajoutons à ça les fans de BD qui m’accusent de vouloir trainer le 9e Art dans la boue, et le fait que de continuer sur cette voie ne ferait que m’assurer que les portes de la BD professionnelle allaient m’être fermées pour toujours, c’était juste trop.  J’ai laissé tomber.

Aujourd’hui, je continue de montrer occasionnellement quelques plagiats sur mon autre blog BD, Les Samedis Comic-O-RamaMais ça n’ira pas plus loin.  Je ne crois pas que je vais de nouveau consacrer quoi que ce soit uniquement aux Plagiats de la BD.  Toute bonne chose a une fin.  Surtout lorsqu’elle finit par devenir mauvaise.

Advertisements

A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Les Plagiats de la BD. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s