La Saga de Sonic Steve, chapitre 4: Les dernières tentatives.

Cinq ans plus tard, été 1995.  Voici six mois que j’ai pris le nom Steve Requin et que je fais dans le fanzinat avec mes deux publications, Requin Roll et Requin Roll Présente. Pour mon Requin Roll no.4 Spécial été ’95, je décide de faire du recyclage. Tout d’abord, pour la couverture, je reprends celle que j’avais faite pour Zonar et qui avait été refusée.

… Après y avoir passé du liquid paper par-dessus la signature Jon-Son ’90, bien entendu. Et ensuite, sept ans après l’avoir créé, j’y publie les cinq pages de Succès Fou, la toute première aventure de Sonic Steve avec les boules au chocolat. Pour mettre la chose en contexte, je la précède de cette page d’intro dans laquelle je m’amuse à donner un âge chronologique à Sonic Steve, lui donnant 21 ans et le look qu’il aurait eu en 1995 s’il avait grandi en temps réel depuis sa première apparition à 14 ans en 1988.  (Notez qu’il a aussi mauvaise mémoire que moi, en affirant que le concours de Safarir était en juin 1990 plutôt qu’en mai 1991.)

Cette intégrale ne vit jamais le jour.   … Avant aujourd’hui!  Car en effet, elle n’aurait contenu rien de plus que cette série de billets de blog que vous lisez en ce moment.  En fait, elle aurait contenu encore moins de stock, puisque son histoire ne s’arrête pas en 1995.

Fin de l’été 1996. Par pure nostalgie pour ce personnage qui est le seul pour qui j’ai produits des aventures en série pendant plusieurs années, je décide de lui donner une nouvelle chance. Je le fais revenir sous forme de série de gags en strips. Je lui créé un nouveau personnage secondaire, Mononque, (ou Mononcle, dépendant de comment je l’écris) l’oncle de Steve, un BS radin anarchiste.  Et histoire de m’encourager moi-même à produire, les premiers gags sont extrêmement faciles à dessiner.

Au début de l’été 1997, nouveau changement de direction alors que Marc Jetté m’ouvre les portes de sa publication Jean Nendur et Cie. Il publie les strips précédents dans le no.8 et me laisse une place sur la couverture pour que j’y dessine Sonic Steve aux côtés des personnages réguliers de la revue.

Puisqu’il m’encourage à continuer ses aventures. Je laisse tomber les gags en strip pour les histoires courtes de quelques pages. Désormais, Sonic Steve aura comme compagnon nulle autre que La Mort elle-même.

J’en ai profité pour tester mon kit de calligraphie. Les résultats n’étaient pas toujours heureux.  Voici ce que ça a donné dans Jean Nendur et Cie no.9.

Des quatre pages prévues pour ce premier épisode, seules les deux premières furent produite et publiées.  Je m’étais alors trouvé un travail à temps plein pour la page web d’Air Canada, et entre ça et ma vie de famille je n’avais plus du tout le temps de dessiner. Voilà pourquoi, dans Jean Nendur no.10, au lieu de la suite et fin de cette BD, j’y publie ceci:


Promesse doublement vide puisque non seulement je n’ai jamais terminé les deux dernières pages, il n’y a jamais eu de Requin Roll no.6. 

Et ceci mit fin pour de bon aux aventures de Sonic Steve. Du moins, sous forme de BD.

Début de l’an 2000. Depuis quelques mois, je publie MensuHell que j’ai fondé en décembre dernier.  Je suis inspiré pour écrire un roman-jeunesse intitulé La Légende de Sonic Steve.  Dans cette version contemporaine, donc qui se passe en 2000, le père de Steve est une ancien chanteur New Wave des années 80.  Étant donné que la mode de ce début du 21e siècle était aux chanteurs adolescents et à la nostalgie de vingt ans plus tôt, il décide de faire de son fils son digne successeur en faisant de lui un chanteur pop dont le premier hit serait la reprise d’un de ses vieux succès.  Je publie la chose un chapitre à la fois, avec illustrations dans lequel je relooke de nouveau Sonic Steve.  Au fil des mois, on le voit…

Se faire payer la traite par une fan.

Se faire interrompre en pleine séance de drague.

Comprendre pourquoi il n’aurais jamais réussi à la draguer de toute façon.

Remplir une bouteille de revitalisant avec du Neet

Et vivre quelques humiliations publiques.

Je finis par en interrompre le feuilleton pour trois raisons.  La première, c’est qu’à un chapitre par mois, j’en avais pour trois ans.  La seconde, on m’a fait comprendre que ce roman n’avait pas sa place dans un fanzine consacré à la BD.

Et la 3e, rendu à l’été de 2000, j’avais terminé de l’écrire.  Je n’avais donc pas besoin d’un feuilleton pour me botter les fesses pour avancer.  Je l’ai envoyé aux éditions Québec/Amérique où il a passé le test de la première lecture, mais pas le second. 

Avec tous les problèmes qui sont arrivés à toutes mes tentatives de faire de quoi avec Sonic Steve, je me suis dit qu’il faudrait peut-être que je songe à devenir exceptionnellement supersticieux sur son cas.  J’ai donc changé le nom de Sonic Steve pour Richard Chevalier / Ricky Knight, j’ai changé le titre pour Riverstock, et je l’ai envoyé ensuite à diverses maisons d’éditions.  Mais là encore, ayant commis l’erreur de trop situer l’action dans l’époque où il a été écrit, le sujet s’est vite retrouvé dépassé.  J’ai fini par le mettre en ligne sur riverstock.wordpress.com en 2010.

Sonic Steve et son ami Sam Buzz reprendront du service  une dernière fois en 2002, non pas en tant que personnage principaux mais tout simplement comme figurants, étudiants parmi tant d’autres au Collège Artiztech.  Ils y ont des rôles très secondaires, et le côté farceur de Sam y est vu bien plus souvent que Steve.


Steve qui n’aura de rôle parlant qu’un seule fois dans toute la série et ne sera jamais nommé.  Bref, on voit bien qu’il ne s’agit pas de ses aventures.


C’est d’ailleurs Sam qui dira les derniers mots dans le dernier strip de la série en 2003.


… Série que j’ai décidé d’interrompre pour consacrer mes énergies à mon autre webcomic, The Eight, dont le compteur de visites montrait qu’il était vingt fois plus populaire que Artiztech College.

Aujourd’hui, 27 ans après l’avoir créé et 12 ans après l’avoir dessiné pour la dernière fois, je confirme que Sonic Steve est un personnage mort et enterré qui ne reviendra plus jamais.  Il y a une différence entre faire preuve de détermination et perdre son temps sur une série qui ne décolle pas, sur lequel le sort s’acharne, et qui met en vedette un personnage qui n’intéresse personne, et ce peu importe le nombre de fois où le look du personnage et son concept ont été retravaillés et recrées.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
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2 commentaires pour La Saga de Sonic Steve, chapitre 4: Les dernières tentatives.

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